Josette AMOR

L'entreprise de conseil en gestion de patrimoine que dirige Josette Amor investit avec Oikocredit.

Bonjour Josette Amor, depuis combien de temps investissez-vous avec Oikocredit ? Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, comment avez-vous connu Oikocredit ?

Ce sont des investisseurs qui au départ m’ont fait connaître Oïkocredit. J’ai approfondi ma connaissance de cette structure de microfinance et ai considéré qu’elle avait toute sa place dans la plate-forme Epargne en Conscience.

La preuve en est que je lui ai confié une partie substantielle de la trésorerie de ma société. Mon premier investissement remonte à 2013. J’ai depuis pu investir de nouvelles sommes et ai eu à effectuer un retrait plus récemment. Ceci m’a permis de vérifier la qualité du service « après-vente » si j’ose dire ainsi que la liquidité de mon placement, le produit de la vente de parts ayant été versé sur mon compte bancaire sous une dizaine de jours.

Parlez-nous d'Epargne en Conscience ?

« Epargne en Conscience », une plateforme de produits éthiques et solidaires qui devient un plaidoyer pour ce que j’appelle le « bon argent ». Un plaidoyer pour amener les gens à investir utile et solidaire et qu’ils le fassent pour se faire aussi du bien. Mettre son argent au service des autres et à son service en en retirant des bienfaits. Saviez-vous que l’étymologie de « bénéfice » est « bienfait » ?

 Pourquoi investir avec Oikocredit ?

Essentiellement pour sa dimension sociale. Savoir que quelques-uns de mes euros peut aider une personne à créer sa petite entreprise, lui permettant ainsi de se réaliser et de faire vivre sa famille, est pour moi source de bien-être et de réconfort. Se faire du bien avec son argent, c’est cela aussi. Il n’y a pas que la consommation de biens et de plaisirs souvent bien moins nourrissante.

Comme vous le savez, je tente de véhiculer l’image du Bon Argent dont je dis qu’il est « l’argent bon pour soi, bon pour l’autre ; l’argent libre qui libère, l’argent nerf de la Paix (intérieure/extérieure), l’argent serviteur de l’Humanité, l’argent utile, fraternel et solidaire ».

En investissant dans Oikocredit, j’ai le sentiment d’honorer le Bon Argent dans sa définition et ainsi de préserver ma richesse intérieure essentielle à mon équilibre.

Après avoir reversé pendant plus de 20 années un dividende annuel de 2% à ses investisseurs, Oikocredit a annoncé le vote d'un dividende de 1% en juin dernier pour l'exercice 2017. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ? Les raisons en étaient-elles claires selon vous ?

Il est question dans la finance solidaire de la triple rentabilité, financière, sociale et environnementale. Le rendement de 2 % alloué jusqu’à présent était satisfaisant eu égard aux deux autres critères à forte valeur ajoutée chez Oikocredit. J’entends bien les motivations qui ont amené à diviser par deux le rendement financier. Je le regrette mais fais confiance aux décideurs dans leur politique de gestion du risque.

En revanche les raisons n’ont pas été claires du tout. Le communiqué de presse annonçant les résultats 2017 et le courrier que j’ai reçu confirmant le 1% de dividende ne comportaient pas d’informations explicatives.

Pourquoi la finance responsable vous motive-t-elle autant malgré des retours financiers modestes ?

Les dégâts causés par l’argent-roi risquent de conduire notre humanité à sa perdition et le danger s’accélère. Il est grand temps de convertir l’argent-roi en Bon Argent et cela passe par l’examen par chaque personne de son rapport à l’argent. Tout est à redéfinir … la richesse, la valeur, le rendement, la plus-value. Que m’importe de gagner des millions si le prix à payer est le malheur des humains et la destruction de la planète ... tant de facteurs source de mal-être et d’appauvrissement intérieur. Lorsque je place mon argent, je fais la moyenne des trois facteurs évoqués ci-avant : financier, social et environnemental et généralement avec un bon rendement social et environnemental permet d’accepter un rendement financier modeste.