Success story : Sombreros Sanchez

CONCRESES.jpg05 juillet | 2016

Quand un commerce de sombreros parvient à soutenir tout l'écosystème local en faisant des chapeaux une monnaie d'échange !

Dans l'État mexicain de Oaxaca, près de la moitié de la population travaille dans le secteur primaire et dispose d'un accès limité aux banques ou aux institutions financières. De nombreux petits entrepreneurs luttent pour obtenir un financement pour leur entreprise. C'est là qu'Unión de Crédito Concreces SA de CV (connu sous le nom Concreces), partenaire d'Oikocredit, joue un rôle important. Concreces est une coopérative de crédit bien établie qui apporte son soutien à des micro et petites entreprises à Oaxaca et, dans une moindre mesure, dans d'autres Etats.

Financement de petites entreprises

Concreces procure des prêts aux entrepreneurs qui veulent faire décoller leur entreprise comme par exemple, Moises Genaro Sanchez, qui vit à Oaxaca et qui est propriétaire d'un commerce de chapeaux sous la marque Sombreros Sanchez. Moises achète des chapeaux à des milliers de producteurs qui utilisent 14 différents types de paille pour réaliser des chapeaux à la main. La plupart des producteurs travaillent principalement dans le secteur primaire comme l'agriculture et le tressage de chapeaux leur assure un revenu supplémentaire. La plupart des producteurs tressent de cinq à six sombreros par jour.

Des chapeaux comme monnaie

Sombreros Sanchez a un système logistique ingénieux et peu onéreux. Lorsque chaque producteur a terminé 20 à 30 chapeaux, il peut les vendre à la boutique du village ou les échanger contre de la nourriture. Les propriétaires de magasins utilisent alors les chapeaux comme monnaie pour payer leurs fournisseurs ou bien ils les vendent pour générer du profit. Les fournisseurs livrent ensuite les chapeaux à l'usine de Moises à Oaxaca où plus de 20 employés les transforment.

A l'usine, les sombreros sont placés dans une forme mécanique puis les feuilles en excédent sont coupées. Pour finir, on y attache un cordon ou un ruban. L'an dernier, près de 20.000 rubans ont été imprimés en usine et cousus sur des chapeaux destinés à la Guelaguetza, le festival annuel le plus important à Oaxaca. Moises vend les chapeaux à 0,80$ pièce et les producteurs reçoivent environ 0,40$ par chapeau. Les bénéfices de Sombreros Sanchez proviennent moins de marges conséquentes que du volume : 7 000 à 8 000 chapeaux par mois.

Vidéo en espagnol, sous-titrée en anglais :

Survivre à une crise

Le grand-père de Moises a créé l'entreprise dans les années 1940 avec une machine à coudre et une forme avec laquelle on pouvait réaliser trois modèles. Dans les années 1960, le père de Moises élargit la production en envoyant des vendeurs au volant de camions chargés de chapeaux dans tout le pays. Leur mission : les vendre en dehors d’Oaxaca. Tout cela a plutôt bien fonctionné jusque dans les années 1990. Avec la crise du peso mexicain en 1994, les ventes de sombreros se sont effondrées.

Besoin de capital

Sans Concreces, Sombreros Sanchez serait revenu à la case départ. Moises explique : «Nous n'aurions peut-être pas fait faillite mais nous serions redevenus une toute petite société." Avec le fonds de roulement alloué par Concreces, Sombreros Sanchez a été en mesure de résister à des moments difficiles en achetant le stock initial pour maintenir la production à un niveau constant. Grâce à cela, les ventes se sont développées à l’international vers la France, l'Argentine, le Costa Rica, le Honduras, le Salvador, le Canada et les États-Unis.

Soutenir la population locale

Sombreros Sanchez a grandi et est devenu le deuxième plus gros fabricant de chapeaux de paille au Mexique. En vendant ses chapeaux à 0,80$ US, Sombreros Sanchez reste compétitif tout en continuant à payer aux producteurs un prix équitable. Grâce à Sombreros Sanchez, Moises est en mesure de continuer à réaliser son objectif et soutenir les petits producteurs d'une manière durable.

En savoir plus sur CONCRECES

Lire l'interview avec le directeur d'Oikocredit Mexique

« Retour