Interview croisé de Chantal Stoeckel et Jean-Jacques Dietsch

Oikocredit France Est.jpg25 septembre 2017

L’association de soutien Oikocredit France Est a changé de présidence en juin dernier : rencontre avec la présidente sortante Chantal Stoeckel et son successeur Jean-Jacques Dietsch.

Comment avez-vous connu Oikocredit ?

Chantal : J’ai découvert Oikocredit fortuitement lors d’une journée Oikocredit organisée dans une paroisse protestante. C’était il y a 25 ans. J’ai tout de suite été conquise et très rapidement je suis devenue investisseur. Il y a 9 ans j’ai commencé à participer à des réunions de l’association et de fil en aiguille je suis devenue présidente. J’ai occupé cette fonction pendant 6 ans. Un ennui de santé et le besoin d’être plus présente à ma famille ont motivé que je souhaite passer la main. Je vais continuer de m’investir dans l’association car on ne peut pas quitter un tel projet !

Jean-Jacques : Pour ma part je connais Oikocredit depuis 30 ans. A l’époque j’avais particulièrement été sensibilité au fait que l’on pouvait faire de petits placements. Pendant 15 ans, de 1996 à 2011, la paroisse où j’étais en poste à Colmar a accueilli l’assemblée générale de l’association de soutien France Est. Puis à Strasbourg je suis rentré au conseil d’administration en 2013 et en juin dernier j’ai été élu président pour succéder à Chantal.

Qu’est-ce qui motive votre engagement bénévole dans l’association de soutien ?

Jean-Jacques : C’est un engagement très concret car il aboutit sur des projets économiques et sociaux où des personnes doivent se prendre en main. Ce n’est pas que caritatif, il y a une forme de résistance : résistance face à la pauvreté, face à une forme de fatalité, face à une forme de mainmise du pouvoir de l’argent. C’est un vrai service que l’on rend aux personnes qui veulent trouver une épargne qui ait du sens.

Chantal : On ne peut pas laisser tomber en effet. J’adhère à cette notion de résistance. C’est d’ailleurs le nom d’une rubrique de la revue Espoir, bulletin de l’association éponyme dont l’action est proche de celle d’Emmaüs. Dans le dernier numéro, cette rubrique « Résistance et engagement » contient justement un article sur Oikocredit. J’ajouterais résistance au sens d’alternative au modèle de l'entraide par le don, car le prêt ne réduit pas les bénéficiaires à la passivité. En d’autres termes, résistance à une opinion dominante selon laquelle on ne peut aider qu’en déversant des savoirs et de l’argent à fonds perdus.

Quels sont les besoins de l’association aujourd’hui ?

Jean-Jacques : On peut nous aider de différentes façons : en participant à des actions de présentation, des soirées, des expositions, des événements organisés par le collectif d’action de solidarité internationale Humanis dont nous sommes partie prenante. Je pense au prochain Festival des solidarités qui va se tenir du 17/11 au 03/12 dans le cadre du mois de l’Economie sociale et solidaire.

Chantal : Nous avons besoin que des jeunes s’investissent. Les nouvelles générations sont idéalistes, elles ont envie que les choses changent. Elles ont un rôle à jouer pour défendre et faire connaitre l’engagement d’Oikocredit. Parmi nos actions, nous nous efforçons de sensibiliser les jeunes à la finance solidaire.

Quels sont les prochaines étapes pour votre association ?

Chantal : Nous avons deux rendez-vous majeurs. Tout d’abord le passage à Strasbourg le 11 octobre du Road Show Oikocredit. Dans le langage Oikocredit le Road Show correspond à la visite officielle d'un représentant local ou d’un partenaire d'Oikocredit dans les pays des investisseurs. Cette année nous avons la chance d’accueillir pour leur premier passage en Europe 2 membres de la coopérative de café équitable FAPECAFES, Vinicio Martinez, Président, et José Apolo, torréfacteur, qui viennent présenter au grand public leur coopérative, leur café de très grande qualité, et leurs engagements en faveur du Commerce Equitable.
Puis du 27 au 29 octobre nous participons à Protestants en Fête. C’est l’occasion de présenter Oikocredit à près de 15000 visiteurs.

Et sur le plus long terme ?

Jean-Jacques : Nous travaillons sur un nouvel axe porteur : notre région est très grande et il nous avons l’ambition de trouver des équipes sur l’ensemble du territoire. Il y a beaucoup à inventer, pour rendre l’action d’Oikocredit encore plus vivante.

Pour en savoir plus sur l’association de soutien Oikocredit France Est
Le programme du Road show FAPECAFES Oikocredit
Le détail de Protestant en Fête

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