Interview d'Andrea Dominguez, responsable GPS

Afin d’aider ses partenaires et l’ensemble des acteurs de la microfinance à intégrer la dimension sociale à leurs pratiques, Oikocredit emploie un responsable de la performance sociale dans chaque région.

Andrea est en charge pour l'Amérique latine de 5 pays : Uruguay, Bolivie, Argentine, Paraguay et Brésil.

Vous êtes responsable de la performance sociale pour cinq pays : quels sont les types d’organisations avec lesquels vous travaillez principalement ?

« Étant donné que nous avons plus de 100 partenaires dans la région, nous nous concentrons sur la formation à la gestion de la performance sociale (GPS), ainsi que sur le renforcement des capacités. Dans la mesure où environ 80 % de nos partenaires sont des institutions de microfinance (IMF), nous (les directeurs de pays et moi-même) travaillons surtout avec eux comme accompagnants, pour les aider à mettre en œuvre des pratiques sociales dans leurs activités au quotidien ainsi que vis-à-vis de leurs objectifs à long terme. »

Comment mettez-vous en place la gestion de la performance sociale dans votre région ?

« L’un des outils employés par Oikocredit durant son enquête de sélection des partenaires est une fiche d’évaluation reprenant les critères ESG (environnement, Social, Gouvernance). Nos partenaires ont tous des objectifs sociaux et des missions sociales qui sont évalués à l’aide de notre fiche d’évaluation ESG, et l’un des critères est qu’ils soient alignés sur les propres objectifs et missions d’Oikocredit. Mon rôle consiste à veiller à ce que nos partenaires, lorsqu’ils ont obtenu un financement d’Oikocredit, continuent d’agir en conformité avec ces missions et objectifs sociaux. Puisque je suis responsable de cinq pays, les choses varient d’un pays ou d’un partenaire à l’autre, mais, pour l’essentiel, mon rôle est de faire connaître des initiatives telles que la campagne SMART, de former les partenaires à la manière dont fonctionne la GPS, et aux moyens qu’ils peuvent utiliser pour l’intégrer dans leurs pratiques quotidiennes autant que leurs objectifs à long terme. Nous assurons en permanence la formation et l’éducation de nos partenaires afin qu’ils définissent des pratiques sociales et des objectifs réalistes de façon à pouvoir les mettre en pratique dans leur propre organisation. »

Pouvez-vous nous donner quelques exemples de ce que vous avez  accompli dans votre région ?

« Dans des pays comme le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, la microfinance reste un secteur relativement nouveau : il est donc très important pour nous de promouvoir la GPS auprès de tous les acteurs. En août dernier, le Centre de développement régional pour la Région méridionale de l’Amérique latine (RDC SASR) et le bureau national d’Oikocredit au Paraguay ont organisé un atelier de GPS pour différentes parties prenantes du secteur. Cet atelier n’était pas seulement destiné aux partenaires d’Oikocredit, mais s’adressait également aux décideurs stratégiques et politiques qui voulaient en savoir plus au sujet de la GPS. C’était un moyen, non seulement d’offrir une formation sur la performance sociale, mais aussi de faire connaître des initiatives telles que les Principes de Protection des Clients (PPC), qui peuvent être intégrés au sein des opérations d’une IMF. Par le biais de ce type d’ateliers, nous voulons produire un impact positif sur l’ensemble du secteur de la microfinance, pas seulement sur les partenaires d’Oikocredit. »

Que prévoyez-vous pour votre région en 2013 ?

« La principale difficulté, en 2013, sera de mettre en œuvre le programme d’accompagnement à la GPS. Nous allons commencer par le Paraguay, mais nous prévoyons aussi d’organiser des ateliers sur la GPS en Bolivie et au Brésil. Nous allons également mettre en œuvre plusieurs actions de renforcement des capacités (assistance technique) approuvées l’an dernier. Pour ces expériences-là, l’étude d’impact sera l’enjeu principal afin d’établir dans quelle mesure elles auront été réussies. un programme de travail préalable a été approuvé pour le renforcement des capacités en 2013, nous avons donc déjà cet objectif pour l’année à venir. »