Le premier partenaire d'Oikocredit en Amérique latine

En Équateur, plus de 20% de la population vit en dessous du seuil national de pauvreté et cette proportion dépasse même le chiffre de 50% parmi les populations rurales. Le Fondo Ecuatoriano Populorum Progressio (FEPP), premier partenaire latino-américain d’Oikocredit a vu le jour en 1970, en réponse à la situation critique de ces habitants des zones rurales du pays.

C’est le père Leonidas Proaño, prêtre catholique, qui est à l’origine de la fondation du FEPP suite à sa visite du village de Salinas, dans la province de Bolivar – un village nommé d’après ce qui fut autrefois sa principale source de revenu : le sel. Lors de cette visite, le père Proaño trouva des salins desséchés et un village déserté par de nombreux paysans ayant migré vers la ville. Il y vivait encore une cinquantaine de familles, dans la pauvreté. Cette situation incita le prêtre à fonder un organisme privé à but non lucratif, le FEPP, dont le siège s’installa à Quito.

L’homme d’Église encouragea d’abord les habitants à produire des fromages ou des saucisses pouvant trouver acheteur en ville. Leurs activités se développèrent rapidement, ainsi que leurs besoins en fonds propres, mais les banques locales leur refusèrent tout prêt. Oikocredit comprit le potentiel de développement du FEPP et accorda à cet organisme un premier prêt de 100 000 dollars américains, décaissés en 1978. Il fit du FEPP le premier partenaire d’Oikocredit en Amérique latine.

« Je me souviens de nos premiers contacts avec Oikocredit, qui s’appelait alors encore Ecumenical development Cooperative Society UA, explique José Tonello, le directeur général du FEPP. En 1978, le FEPP était une petite structure qui cherchait à soutenir dans leur développement les agriculteurs et les populations autochtones d’Équateur. » Ce point a été déterminant pour l’accord de nos premiers crédits par Oikocredit.

Le FEPP a utilisé le premier prêt pour renforcer son fonds de crédits et permettre aux agriculteurs d’améliorer leurs productions. Trois prêts ultérieurs accordés par Oikocredit en 1993, 2001 et 2003, respectivement de 150 000, 300 000  et 100 000 dollars américains servirent ensuite à renforcer et à étendre les activités de la structure de commerce équitable Camari, établie en 1981 pour compléter le FEPP et permettre aux petits exploitants agricoles et artisans de commercialiser leurs productions.

Aujourd’hui, Salinas a retrouvé sa prospérité. Le village est reconnu comme étant la « capitale du fromage » et accueille des douzaines de coopératives industrielles, nées de l’idée visionnaire du FEPP. Les habitants de Salinas ne sont d’ailleurs pas les seuls à retirer les bienfaits du travail de cet organisme, rebaptisé "Grupo Social FEPP" (GSFEPP). Aujourd’hui, le GSFEPP soutient environ 700 000 personnes dans tout l’Équateur. Il agit dans divers domaines dont l’accès à la propriété, les activités de conserverie, les énergies renouvelables, l’eau potable ou les marchés de capitaux locaux.

Depuis le premier prêt accordé par Oikocredit en 1978, Oikocredit et le GSFEPP se sont développés en restant dans le droit fil de la vision qui était celle de leurs fondateurs. Le GSFEPP est devenu une structure essentielle au développement social et environnemental ainsi qu’à l’inclusion financière en Équateur. « Le résultat clef de notre travail en Équateur réside dans la possibilité donnée aux gens d’étendre leurs connaissances, d’enrichir leurs valeurs et de renforcer leurs relations, constate Tonello. Ils ont pu ainsi sortir de la pauvreté, et améliorer par conséquent les perspectives d’avenir pour leurs familles et leurs communautés. »