Interview de Thos Gieskes

Thos-Gieskes-web.jpg22 janvier 2018

Arrivé le 3 avril dernier, notre directeur général évoque certains des points forts et défis d'Oikocredit, et partage ses réflexions sur sa découverte de notre organisation.

Racontez-nous vos premiers mois chez Oikocredit…

J'ai vu beaucoup de choses au cours de l’année écoulée et vécu une expérience fantastique. Chaque jour je suis impatient de venir au bureau : j’identifie les domaines sur lesquels je peux apporter ma contribution et de la valeur ajoutée. D'une certaine manière, j'ai trouvé ma place. C'est ici que je veux être et je ferai tout mon possible pour réaliser ce que l'on attend de moi. J'ai passé les derniers mois à découvrir les différentes composantes de l'organisation et à aller à la rencontre de nos pairs ainsi que d'autres acteurs du secteur. Je suis encore en phase d’apprentissage mais je sens aussi que petit à petit, je peux davantage me concentrer sur ma contribution et la direction d’Oikocredit.

Quels sont les moments qui vous ont le plus marqué ?

Il y a déjà eu plusieurs moments inspirants, à la fois lors de rencontres avec des investisseurs mais aussi avec nos collègues et partenaires à travers le monde. Par exemple, j'ai été surpris que tant d'investisseurs participent un samedi à des discussions sur Oikocredit, comme lors de l'Assemblée générale annuelle de notre association de soutien dans le sud-ouest de l'Allemagne. Nos membres et investisseurs souhaitent vivement que la vision et la mission d'Oikocredit aboutissent. J’ai trouvé incroyable de voir à quel point les gens se soucient de l'organisation et y sont attachés.

J'ai également voyagé dans plusieurs pays où nous finançons des partenaires. Une coopérative de producteurs de café, rencontrée au Costa Rica, m’a vraiment marqué : en fait, elle aidait les caféiculteurs pour tout, sauf la production de café. En effet, ils s’étaient rendu compte qu’une fois la culture du café bien établie, la meilleure façon de soutenir les producteurs était de les aider à développer des cultures alternatives afin qu'ils ne dépendent pas uniquement du café. Ils organisent également des formations, scolarisent les enfants et font encore bien d’autres choses. Cela m'a encouragé à comprendre comment la coopérative évaluait les besoins de ses clients et trouvait toutes sortes de solutions pour les aider le mieux possible.   

Oikocredit s’emploie actuellement à la mise à jour de sa stratégie. Pouvez-vous nous en donner un aperçu ?

Nous ne la révisons pas entièrement, mais nous voulons identifier les points d’amélioration dans notre démarche actuelle ainsi que dans notre impact social et environnemental, tout en préservant la durabilité financière. Dans un souci d’efficacité, nous avions besoin d'experts qui puissent nous apporter une perspective et un point de vue extérieurs. C'est pourquoi nous avons contacté un cabinet de conseil en stratégie spécialisé dans le secteur de l'investissement responsable. Leurs experts ont mené des recherches approfondies et recueilli des informations externes qui peuvent nous aider à aller dans la bonne direction.

Quelles difficultés avez-vous identifié ?

Comme dans toute organisation, il y a des problèmes internes qui peuvent être améliorés. Mais les principaux défis auxquels nous sommes actuellement confrontés sont liés à des facteurs externes. L'un d'entre eux est la faiblesse des taux d'intérêt qui handicape une organisation comme la nôtre, dont les revenus proviennent principalement de cette source. L'affaiblissement du dollar américain est une autre difficulté, car une grande partie de nos prêts et de nos revenus sont en dollars, alors que nos fonds et nos dividendes sont en euros. Parfois, les taux de change sont en notre faveur, mais en ce moment, nous constatons qu'ils ont un impact négatif sur notre résultat net. Dans ce contexte, il semble très improbable que notre résultat financier pour 2017 suffise à maintenir le dividende de 2% auquel nos investisseurs sont habitués. 

Bien sûr, nous pouvons influencer certains facteurs. Nous cherchons, par exemple, à davantage resserrer nos activités et à accroitre notre efficacité. Je crois qu’en se concentrant sur quelques niches et en étant leader dans ces domaines, on améliore son impact et ses résultats financiers.

Quels points forts sur lesquels Oikocredit peut s'appuyer pour aller de l'avant ?

La force d’Oikocredit réside dans celles et ceux qui font notre organisation : pas seulement les employés, mais toutes les personnes qui participent. Plus de 50.000 personnes contribuent à faire avancer Oikocredit, que ce soit par l'investissement ou le bénévolat. Ensemble, nous sommes un mouvement, une organisation unique et un partenaire extrêmement fort et fiable pour les organisations avec lesquelles nous travaillons. Ce ne sont pas les marchés financiers qui nous influencent, mais l'engagement et les idéaux des personnes qui travaillent pour et avec Oikocredit. Par ailleurs, nous comptons plus de 40 années de succès dans de nombreux pays, dans lesquels nous entretenons des relations durables. Le fait que nous soutenions nos partenaires depuis longtemps et que nous continuerons de le faire, inspire confiance aux gens.

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